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	<title>Au clair de ma plume</title>
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		<title>Au clair de ma plume</title>
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		<title>La l&#233;gende du Cheval Malet</title>
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		<dc:subject>COPY_CONTE</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans les pays de marais et de brume, on raconte qu'il existe un cheval qui se laisse approcher&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://plume.pencoat.org/spip.php?rubrique18" rel="directory"&gt;Petits contes des marches de Bretagne&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://plume.pencoat.org/spip.php?mot2" rel="tag"&gt;COPY_CONTE&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;TITRE&gt;La l&#233;gende du Cheval Malet&lt;/TITRE&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;CHAPO&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les pays de marais et de brume, on raconte qu'il existe un cheval qui se laisse approcher&#8230; pour mieux entra&#238;ner les voyageurs dans une course sans retour. Voici la l&#233;gende du Cheval Malet, telle qu'elle se transmet encore &#224; voix basse.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/CHAPO&gt;&lt;/p&gt;
&lt;TEXTE&gt;
&lt;p&gt;Le soir tombait lentement sur la grande plaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les creux, l'eau dormante des marais se couvrait d'un voile de brume p&#226;le. Les derni&#232;res lueurs du jour glissaient sur les canaux immobiles, et les roseaux frissonnaient &#224; peine sous un souffle d'air froid. C'&#233;tait l'heure incertaine o&#249; les gens pressent le pas, car la nuit, ici, n'est jamais tout &#224; fait ordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit que c'est &#224; ce moment-l&#224; que peut appara&#238;tre le Cheval Malet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cheval n'annonce rien de mauvais au premier regard. Il est beau, grand, blanc comme l'&#233;cume, parfois l&#233;g&#232;rement mouchet&#233; de roux. Sa d&#233;marche est souple, presque rassurante. Il s'approche sans bruit, comme s'il connaissait d&#233;j&#224; celui qu'il vient trouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soir-l&#224;, un voyageur marchait seul sur le chemin. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il &#233;tait fatigu&#233; de longues journ&#233;es de marche. Ses bottes &#233;taient couvertes de boue, ses &#233;paules lourdes de ses bagages. Il avait perdu la direction des routes, h&#233;sitait &#224; chaque embranchement, et la nuit le gagnait peu &#224; peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il vit le cheval sortir doucement de la brume, il crut d'abord &#224; une heureuse rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Voil&#224; qui me sauve, pensa-t-il. Je pourrai avancer plus vite, rejoindre un village avant la pleine nuit&#8230; Je rendrai ce cheval &#224; son ma&#238;tre, sans rien demander. Ce sera bien ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cheval le regardait calmement, l'&#339;il sombre et tranquille. Il ne recula pas lorsque l'homme s'approcha. Au contraire, il baissa l&#233;g&#232;rement l'encolure, docile. Le voyageur posa la main sur son poil ti&#232;de, puis se hissa en selle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'instant m&#234;me, le cheval partit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Ho ! Ho ! lan&#231;a l'homme en tirant sur les r&#234;nes. &lt;br /&gt;&#8212; Ho, ho te dis-je !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le cheval n'en tint aucun compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fila comme le vent. Les prairies d&#233;filaient, les haies volaient sous les sabots, les canaux &#233;taient franchis d'un bond dans un grand &#233;claboussement d'eau noire. Les cl&#244;tures c&#233;daient. Les branchages fouettaient le visage du cavalier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ballott&#233; de droite &#224; gauche, presque arrach&#233; de la selle, l'homme ne ma&#238;trisait plus rien. Le souffle court, il sentait ses forces l'abandonner. Une sacoche se d&#233;tacha, puis une autre. Son argent glissa de sa poche et disparut dans l'eau. Ses objets, ses vivres, tout ce qu'il poss&#233;dait se dispersait dans la course folle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne savait plus o&#249; il &#233;tait. Il ne savait plus combien de temps durait cette fuite. Il n'y avait plus que la nuit, la brume, et le mart&#232;lement effr&#233;n&#233; des sabots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, aux premi&#232;res lueurs de l'aube, le cheval s'arr&#234;ta net.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voyageur fut projet&#233; &#224; terre. Il roula dans l'herbe humide, bris&#233;, &#224; bout de forces. Longtemps, il resta sans bouger, la poitrine en feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il se redressa enfin, tremblant, il chercha le cheval du regard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y avait plus rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni bruit de sabots, ni silhouette blanche. Le Cheval Malet s'&#233;tait fondu dans la brume de l'aube, comme s'il n'avait jamais exist&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voyageur, vid&#233;, affam&#233;, priv&#233; de tous ses biens, marcha encore longtemps avant d'apercevoir les premi&#232;res toitures d'un village. On lui donna &#224; manger, &#224; boire, et un peu de chaleur. Quand ses forces revinrent, il raconta ce qui lui &#233;tait arriv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anciens l'&#233;cout&#232;rent sans l'interrompre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis l'un d'eux dit simplement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; T'as eu beaucoup de chance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh oui, mes amis&#8230; quand une solution vous para&#238;t trop simple, trop id&#233;ale, m&#233;fiez-vous. &lt;br class='autobr' /&gt;
Car ce qui arrive trop facilement cache souvent un pi&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voyageur, la veille encore, n'&#233;tait qu'un peu perdu, un peu fatigu&#233;. Il avait ses bagages, son argent, et l'espoir d'arriver avant la nuit. Le lendemain, il ne poss&#233;dait plus rien&#8230; sinon sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi, dans les pays de marais et de brouillard, on dit encore aujourd'hui :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Si, &#224; la tomb&#233;e du jour, un beau cheval s'approche de toi sans crainte, ne monte jamais dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il pourrait bien s'agir du Cheval Malet.&lt;/p&gt;
&lt;/TEXTE&gt;
&lt;p&gt;Texte issu d'un travail de collecte manuscrite et de restitution &#224; partir de notes personnelles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Yann le simple, du bourg de Kerbr&#233;gant</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>mad</dc:creator>


		<dc:subject>COPY_CONTE</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le jeu du pauvre h&#232;re&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le bourg de Kerbr&#233;gant, tout le monde connaissait Yann le Simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'&#233;tait ni sot ni m&#233;chant, ni m&#234;me paresseux &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, Yann avait simplement cette mani&#232;re d'&#234;tre qui semblait flotter &#224; c&#244;t&#233; du monde, comme un bouchon de li&#232;ge sur une mer calme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les gens disaient de lui :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ah, ce pauvre Yann&#8230; il a d&#251; perdre un morceau de sa cervelle sur le sentier, en venant au monde ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il &#233;tait utile &#224; tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un jour, il aidait le meunier &#224; d&#233;gager la roue,&lt;br class='autobr' /&gt;
le lendemain il r&#233;parait une barri&#232;re,&lt;br class='autobr' /&gt;
et le surlendemain il portait des paniers de poissons jusqu'au quai.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il vivait d'un rien, mais ce rien-l&#224; lui suffisait bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque samedi, lorsque la grande cloche sonnait l'ouverture du march&#233;, il y avait toujours quelques gars pour l'appeler :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; H&#233;, Yann ! Viens donc par ici ! On a un jeu pour toi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait devenu un spectacle, presque un moment attendu autant que l'arriv&#233;e du boulanger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un sortait un billet de cinq francs, bien tendu entre deux doigts,&lt;br class='autobr' /&gt;
et un autre agitait deux pi&#232;ces de deux francs, qui tintaient comme deux petites cloches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Allez, Yann, choisis ! Le billet ou les deux pi&#232;ces ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yann regardait longuement&#8230; un peu trop longuement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis, il disait :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L&#224;, il y en a 2 ..&lt;br class='autobr' /&gt;
et sans surprise, il tendait la main vers les deux pi&#232;ces, les faisant dispara&#238;tre dans sa poche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un grand &#233;clat de rire secouait alors la place :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Yann, voyons ! Deux et deux, &#231;a fait quatre !&lt;br class='autobr' /&gt;
Et cinq, c'est plus grand que quatre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yann souriait, opinait du bonnet, comme s'il comprenanit la le&#231;on, et puis il continuait son chemin, d'un pas tranquille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce samedi-l&#224;, les gars du bourg, de bonne humeur &#8212; ou peut-&#234;tre un peu trop &#233;chauff&#233;s par le cidre &#8212; d&#233;cid&#232;rent d'en remettre une couche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard dans l'apr&#232;s-midi, pr&#232;s de la taverne, ils le rappel&#232;rent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Yann ! Attends donc ! On a encore un petit jeu pour toi !&lt;br class='autobr' /&gt;
(Et les femmes, sur le pas des portes, levaient les yeux au ciel :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ah, ces grands enfants&#8230; toujours &#224; taquiner le pauvre Yann ! &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois, ils ressortirent leur mise en sc&#232;ne avec un soin presque th&#233;&#226;tral.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le billet &#233;tait encore plus neuf, bien claquant,&lt;br class='autobr' /&gt;
et les pi&#232;ces, eux, les frott&#232;rent sur leurs vestes pour les faire briller davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Allez, mon gars, deuxi&#232;me chance ! Choisis bien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yann sembla h&#233;siter &#8212; assez longtemps pour que les mauvais plaisants se tr&#233;moussent d'impatience.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis, comme toujours, il saisit les deux pi&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rires fus&#232;rent &#224; nouveau, encore plus forts :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Il ne comprend vraiment rien, ce Yann !&lt;br class='autobr' /&gt;
Faut croire qu'il compte comme les poules !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Yann, sans se presser, r&#233;pondit simplement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Eh bien merci, les gars&#8230; c'est bien gentil.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et il repartit, les deux pi&#232;ces ajout&#233;es aux deux premi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un voyageur &#8212; certains disent un marchand, d'autres un ma&#238;tre d'&#233;cole ou un marin &#224; terre &#8212; avait observ&#233; la sc&#232;ne depuis le d&#233;but.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son regard n'&#233;tait ni moqueur, ni gai : il semblait plut&#244;t intrigu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il rattrapa Yann dans la ruelle derri&#232;re l'&#233;glise :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Dites-moi, mon ami&#8230; vous savez un peu compter, n'est-ce pas ?
&lt;br /&gt;&#8212; Oh oui, un peu, fit Yann.
&lt;br /&gt;&#8212; Alors pourquoi prenez-vous pi&#232;ces ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous savez que le billet vaut plus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yann s'arr&#234;ta, s'humecta les l&#232;vres, puis r&#233;pondit d'un ton tr&#232;s calme, presque s&#233;rieux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Bien s&#251;r que je le sais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais pensez-y monsieur, le jour ou je prendrai le billet, le jeu s'arr&#234;tera.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et plus personne ne me donnera rien du tout.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tandis que maintenant&#8230; &#224; chaque fois qu'ils veulent rire, eh bien&#8230; &#231;a me fait quatre sous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et, ma foi, ils aiment souvent rire .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voyageur resta bouche b&#233;e, puis &#233;clata d'un rire franc qui se r&#233;percuta contre les murs de granit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Parbleu ! dit-il.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce pays-ci, les simples ne sont pas ceux que l'on pense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui encore, les anciens, quand ils racontent l'histoire, soulignent qu'il faut &#234;tre bien malin pour vivre comme un simple.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et parfois, le plus nigaud du village, n'est pas celui qu'on croit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le puits de Kervalo</title>
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		<dc:creator>mad</dc:creator>


		<dc:subject>COPY_CONTE</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Conte du pays nantais, tel est pris qui croyait prendre&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://plume.pencoat.org/spip.php?rubrique18" rel="directory"&gt;Petits contes des marches de Bretagne&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://plume.pencoat.org/spip.php?mot2" rel="tag"&gt;COPY_CONTE&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://plume.pencoat.org/IMG/logo/logo_le_puit_de_kervalo.jpg' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; alt=&#034;&#034; style='max-width: 150px;max-width: min(100%,150px); max-height: 150px' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le petit bourg de Kervalo, entre deux haies d'ajoncs et un vieux pommier, se trouvait une maison de pierre qu'on disait &#171; inhabit&#233;e depuis fort longtemps &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le puits, au milieu de la cour, avait vu passer tant de g&#233;n&#233;rations qu'on l'appelait simplement &#034;le Vieux&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
On venait encore y puiser l'eau l'&#233;t&#233;, car elle y restait fra&#238;che, m&#234;me quand les ruisseaux tarissaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette batisse &#233;tait la propri&#233;t&#233; de Ma&#238;tre Larnoux, le notaire du canton.&lt;br class='manualbr' /&gt;Alors, quand ce dernier d&#233;cida de la vendre, tout le monde au village sut que le vieux M. Lemoine, l'instituteur &#224; la retraite, s'y int&#233;resserait. Tous savaient qu'il y voyait un lieu tranquille pour finir ses jours, lire ses livres, et peut-&#234;tre cultiver quelques rangs d'oignons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire fut vite conclue : un prix honn&#234;te, une poign&#233;e de main, quelques papiers et chacun rentra chez lui satisfait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux jours plus tard, voil&#224; le notaire qui revient, robe au vent, visage grave et papiers &#224; la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Monsieur l'instituteur, dit-il, il y a peut-&#234;tre un d&#233;tail que j'ai oubli&#233; de vous pr&#233;ciser. &lt;br class='manualbr' /&gt;Nous sommes bien d'accord, je vous ai vendu le puits, mais pas l'eau qu'il contient ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le vieil instituteur releva la t&#234;te de son livre et regarda le notaire.
&lt;br /&gt;&#8212; Je vous en prie , Ma&#238;tre, d&#233;veloppez&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien voil&#224;, si vous souhaitez continuer &#224; l'utiliser, il faudra, h&#233;las, r&#233;gler un petit suppl&#233;ment. Mais ne vous inqui&#233;t&#233; pas je vous ferai un prix convenable&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lemoine leva la t&#234;te de son livre, le regard tranquille. Il posa ses lunettes, prit le temps d'allumer sa pipe, et r&#233;pondit d'un ton paisible :
&lt;br /&gt;&#8212; Fort bien, Ma&#238;tre. Alors, venez la chercher, avant demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le notaire cligna des yeux.
&lt;br /&gt;&#8212; Comment donc ?
&lt;br /&gt;&#8212; Avec vos lois, vos mots, vos parchemins, dit l'ancien ma&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Mais enfin, comment voulez-vous que je fasse ? ce n'est pas possible ! s'exclama l'autre.
&lt;br /&gt;&#8212; Eh bien voil&#224;, r&#233;pondit Lemoine avec un sourire, je vous laisse r&#233;soudre cette difficult&#233;, voyez-vous. Moi, je n'enseigne pas &#224; gagner&#8230; j'enseigne &#224; grandir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, on dit que Ma&#238;tre Larnoux passa pr&#232;s du puits, la t&#234;te basse, sans ses papiers. Il adressa un bref signe de t&#234;te au vieil instituteur et continua son chemin, sans un mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis ce jour, on raconte &#224; Kervalo qu'il vaut mieux apprendre &#224; penser qu'&#224; poss&#233;der, car le savoir &#233;claire l&#224; o&#249; la loi s'&#233;gare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin du conte&lt;br class='autobr' /&gt;
Fait et fig&#233; &#224; Nantes, sous la m&#233;moire de ses eaux&lt;br class='autobr' /&gt;
&#169; 2025 &#8211; Martial D.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le marcheur des vall&#233;es</title>
		<link>http://plume.pencoat.org/spip.php?article110</link>
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		<dc:date>2025-10-24T21:28:06Z</dc:date>
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		<dc:creator>mad</dc:creator>


		<dc:subject>COPY_CONTE</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Conte du Pays Nantais&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;Il ne suivait pas les routes, mais les pentes.&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#169; 2025 &#8211; Martial D.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://plume.pencoat.org/spip.php?rubrique18" rel="directory"&gt;Petits contes des marches de Bretagne&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://plume.pencoat.org/spip.php?mot2" rel="tag"&gt;COPY_CONTE&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Prologue &#8211; La Loire&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;On disait de lui qu'il suivait toujours les vall&#233;es.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Qu'il marchait l&#224; o&#249; la terre se souvient encore de l'eau.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il ne suivait pas les routes, mais les pentes : l&#224; o&#249; la pluie choisit d'aller, il la suivait.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il marchait &#224; petits pas, le sac l&#233;ger, l'esprit libre.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il dormait o&#249; tombait la nuit, mangeait peu, buvait clair.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Son seul luxe, c'&#233;tait d'&#233;couter.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Sous les cailloux, sous les feuilles, il entendait le fil de l'eau.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Ce matin-l&#224;, il &#233;tait revenu sur les quais de la Loire.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Le fleuve roulait lourd, couleur d'&#233;tain.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Au loin, des grues de port levaient encore leurs bras rouill&#233;s.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il posa son sac, s'assit sur la pierre froide, et dit tout bas :&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;-- C'est par toi que tout commence.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il d&#233;cida ce jour-l&#224; de remonter le pays par ses veines d'eau.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;De comprendre comment les hommes avaient b&#226;ti leurs murs,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;et comment les rivi&#232;res, patiemment, avaient creus&#233; dessous.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;i&gt;L'eau passe, la m&#233;moire reste.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre I &#8211; L'Erdre, la belle endormie&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il marcha jusqu'&#224; ce que la Loire cesse de bruire dans son dos.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Devant lui, l'Erdre s'&#233;tirait, paisible, bord&#233;e d'herbes hautes et de peupliers gris.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Le vent tombait ; seules les coques de quelques p&#233;niches cognaient mollement contre les pontons.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il s'arr&#234;ta souvent pour regarder.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;L'Erdre ne parlait pas beaucoup ; elle &#233;coutait.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Ses eaux avaient cette patience de ceux qui savent attendre.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Le trimardeur s'y reconnut : tous deux venaient de loin et n'&#233;taient press&#233;s d'arriver nulle part.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Au bord d'un m&#233;andre, il vit une vieille barque, &#233;chou&#233;e dans les roseaux.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il passa la main sur la coque, et crut sentir battre le c&#339;ur du fleuve.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;-- Tu n'es pas morte, toi non plus, dit-il.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Une voix sembla r&#233;pondre, tr&#232;s douce :&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;-- Rien ne meurt, tant qu'on se souvient de mon chemin.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Alors il s'assit, alluma un feu, et regarda le reflet des &#233;toiles sur l'eau.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;-- L'Erdre, c'est l'eau qui pense, murmura-t-il.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Elle garde les reflets pour que les hommes s'y regardent,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;et se souviennent qu'ils ne sont que des passants.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;i&gt;Chaque source garde un nom.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre II &#8211; Le Gesvres, la rivi&#232;re des bois&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il quitta les rives de l'Erdre &#224; l'aube, quand le brouillard tra&#238;ne encore entre les saules.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;La ville s'effa&#231;ait derri&#232;re lui.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Peu &#224; peu, les chemins devinrent plus &#233;troits, plus mous, plus verts.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;C'est l&#224; qu'il la trouva : la rivi&#232;re des bois.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Le Gesvres ne se montrait pas d'un coup.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il fallait l'entendre avant de le voir : un chuintement discret, un gargouillis d'enfant qui parle seul.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Puis soudain, entre deux talus, le filet d'eau surgissait, clair comme une veine de lumi&#232;re.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il s'accroupit, posa la main sur le courant, et rit doucement.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;-- Te voil&#224; donc, petite s&#339;ur.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Le Gesvres coulait pour lui-m&#234;me, pour le plaisir du chemin.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Ce n'est pas la mer qui fait le voyage, pensa-t-il,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;c'est la goutte qui choisit de ne pas s'arr&#234;ter.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Avant de quitter le vallon, il se retourna.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Derri&#232;re lui, la for&#234;t avait d&#233;j&#224; referm&#233; son silence.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;-- Toi, tu es la m&#233;moire du vent, dit-il.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Si je t'oublie, rappelle-moi que je suis fait d'eau, moi aussi.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;i&gt;L'eau se tait, mais la terre se souvient.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre III &#8211; Le Cens, la rivi&#232;re dompt&#233;e&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;La for&#234;t s'&#233;loigna, et les sons de la ville revinrent.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Bient&#244;t, il aper&#231;ut le Cens &#8212; grise, contenue, &#233;troite.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Elle avan&#231;ait entre deux murs de b&#233;ton, &#224; pas mesur&#233;s, comme une b&#234;te qu'on a dress&#233;e.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Sous les passerelles, l'eau glissait, lasse.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Mais elle vivait encore, cach&#233;e sous le bruit des moteurs.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Un p&#234;cheur lui dit :&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;-- Elle d&#233;borde encore, parfois.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;-- Tant qu'il reste des crues, il reste des promesses, r&#233;pondit-il.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il marcha jusqu'au soir.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Sous la pluie fine, l'eau accueillait l'eau.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Rien ne se retient, pas m&#234;me ce qu'on enferme, pensa-t-il.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;i&gt;L'eau change de lit, mais non de c&#339;ur.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre IV &#8211; La Ch&#233;zine, la discr&#232;te&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Le jour se leva sous une pluie douce.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;La Ch&#233;zine glissait entre les parcs et les jardins, sans faire de bruit.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Elle chuchotait comme on parle &#224; un ami proche : peu de mots, mais les bons.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Un enfant lan&#231;a un b&#226;ton, le suivit du regard,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;et rit quand le courant l'emporta sous un pont.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Elle garde tout, la discr&#232;te, pensa-t-il.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Les voix, les reflets, les gestes.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il s'arr&#234;ta l&#224; o&#249; la rivi&#232;re s'incline vers la Loire.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;-- Petite, tu fais ton chemin sans bruit,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;mais c'est toi qui rappelles aux hommes&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;que la douceur existe encore.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;i&gt;Ce que l'eau oublie, le sable le raconte.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre V &#8211; La S&#232;vre Nantaise, la travailleuse&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Le vallon s'ouvrait, sonore et vivant.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;La S&#232;vre roulait entre les pierres, frappant les arches et les roues d'usine.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Elle avait le souffle du travail, la rumeur du labeur ancien.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il passa devant les moulins, les tanneries, les forges.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Chaque pierre semblait vibrer encore.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;L'eau qui sert reste vivante, pensa-t-il.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Sous les ponts, la rivi&#232;re riait d'un rire de cuivre et de fer.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Au confluent, les eaux sombres et claires se m&#234;laient sans heurt.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;-- Tu es la m&#233;moire du travail, dit-il.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Celle qui relie les gestes &#224; la terre.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;i&gt;L'eau qui travaille, enseigne le courage.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre VI &#8211; Le Seil, la disparue&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Plus &#224; l'est, il chercha le Seil.&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Les cartes en parlaient, les anciens aussi,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;mais de rivi&#232;re, il n'en vit point.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Seulement des creux, des foss&#233;s, des noms : rue du Seil, boire du Seil.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il marcha longtemps dans le vent sec,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;jusqu'&#224; sentir sous ses pas la terre plus humide, comme si quelque chose respirait dessous.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;L'eau ne meurt jamais, pensa-t-il. Elle se cache, c'est tout.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Pourtant, il sentit un manque &#8212; un vide d'eau et de m&#233;moire.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Cette rivi&#232;re, perdue ou cach&#233;e, lui manquait d&#233;j&#224;.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;i&gt;Ce que l'on croit perdu cherche encore sa voie.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre VII &#8211; Le Gu&#233;-Moreau, le ruisseau retrouv&#233;&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Le lendemain, il suivit la pente du nord-est.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;L&#224;, dans un vallon minuscule, il trouva un filet d'argent entre les pierres.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Ce n'&#233;tait qu'un suintement, une m&#233;moire d'eau &#8212; mais c'&#233;tait une voix.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;-- Te voil&#224;, petite oubli&#233;e, dit-il.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Toi qu'on n'a pas nomm&#233;e depuis cent ans.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;L'eau vibrait de vie.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Elle portait l'&#233;cho du Gesvres, de la S&#232;vre, de la Loire.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il comprit que ce ruisseau &#233;tait la m&#233;moire de toutes les autres.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;On ne suit pas les rivi&#232;res pour les trouver,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;mais pour se reconna&#238;tre en elles.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;i&gt;L'eau revient toujours vers ceux qui l'&#233;coutent.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre VIII &#8211; Retour &#224; la Loire&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;En fin de journ&#233;e, il revint vers le grand fleuve.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Les nuages s'&#233;taient lev&#233;s, l'eau roulait large et brune.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Tout ce qu'il avait vu, toutes les rivi&#232;res qu'il avait touch&#233;es,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;finissaient ici, dans ce m&#234;me ventre de lumi&#232;re.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il s'assit sur la pierre du quai, comme au premier jour.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Rien n'avait chang&#233;, sinon lui.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il plongea la main dans l'eau et murmura :&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;-- Je t'ai suivie, Loire.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Et j'ai compris que ce n'est pas l'eau qui se perd,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;mais les hommes qui s'&#233;loignent d'elle.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Le fleuve, indiff&#233;rent, continuait de passer.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;pilogue&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Mais au-del&#224; du large courant, dans un recoin de sa m&#233;moire,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;une autre eau veillait encore : celle d'un vallon d'enfance,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;quelque part entre le Chemin des Vignes et le Bois-Hardy.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Un fil d'eau sans nom y coulait jadis entre les jardins,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;un ruisseau discret que les enfants traversaient d'un saut,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;avant qu'il ne s'efface sous les cl&#244;tures et les maisons.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il se souvenait du bruit de ses pas dans la glaise,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;de la fra&#238;cheur du creux o&#249; l'eau jouait &#224; cache-cache avec la terre.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Ce ruisseau-l&#224; n'&#233;tait sur aucune carte.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Il portait la m&#233;moire du coteau,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;celle des jardins et des mains qui se saluaient d'une rive &#224; l'autre.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Alors il comprit que toutes les eaux qu'il avait suivies &#8212;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;la Loire, l'Erdre, le Gesvres, le Cens, la Ch&#233;zine, la S&#232;vre, le Seil, le Gu&#233;-Moreau &#8212;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&#233;taient venues jusqu'&#224; lui pour lui rendre ce souvenir unique :&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;l'eau de son enfance, celle qui l'avait mis en marche.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Et il sut que le voyage &#233;tait complet.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Car au bout du compte, ce n'est pas l'homme qui remonte les rivi&#232;res :&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;ce sont les rivi&#232;res qui reviennent vers lui,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;lorsqu'il se souvient de leur voix.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Fin du conte&lt;br class='autobr' /&gt;
Fait et fig&#233; &#224; Nantes, sous la m&#233;moire de ses eaux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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