L’Essex
jeudi 21 août 2025, par
Notez cet article :L’Essex est un trois-mats baleinier américain qui fut attaqué et coulé par un grand cachalot.Hermann Melville s’en inspira pour son roman Moby Dick
Je porte ici mémoire d’un beau trois-mâts carréEn vous contant l’histoire d’un navire oublié.Des rivages des Açores aux îles SociétéJe fus le mousse du bord, oyez mon odyssée !Il avait nom l’Essex, faisait près de cent pieds,Une ossature de chêne, un pavois, des bordésEt au fond de ses cales, de longs harpons d’acier.Traquant le cachalot, c’était un baleinier.En mille huit cent dix-neuf, à la fin de l’étéPartîmes de Nantucket pour au moins deux années.Année mille huit cent vingt, le dix-neuf de novembreAu cœur de l’offshore-ground, croisâmes la destinée.Un énorme cachalot par deux fois a frappé,Curieux retour du sort, le chasseur est chassé.Abordé par la proue et puis sur bordé,Sa coque disloquée, le navire va sombrer.Nous étions dix-neuf hommes, harponneurs et gabiersEt dans trois baleinières avons pu embarquer.Sans eau ni nourriture, épuisés, ballottésDurant plus de cent jours nous avons espéré.Comme un petit navire vous l’a déjà contéIl faut parfois pour vivre franchir quelques fossés.Ce fut ici le cas, simplement pour durer.Au jeu de courte paille il nous fallu jouer.Nickerson est mon nom, Thomas suis prénommé.Un des rares survivants d’une triste équipée.Bien des années plus tard j’ai souhaité la conter.J’étais le mousse du bord, j’en fus l’épistolier.