mardi 21 mars 2017

La bricole

C'est par le joug de la bricole
Que tu pris en main ton destin
Qu'importe la voie de la boussole
Toi seul fixera ton chemin.

On t'avait dit ta langue est celle
Qui sert dans les champs, les chemins.
Jamais elle n'atteindra celle
Qui fit la France et son destin.

On t'avait dit oublie icelle
Qui n'a que gout de chicotin.
Nous t'aiderons à parler celle
Qui te fera digne échevin

Et tu pris le grand carrousel,
Délaissant tes alexandrins.
Quittant la voie du ménestrel
Pour un avenir incarnadin.

Jour après jour en nos écoles
Nous avons vu ces prétoriens
Qui par un sabot en bricole
Voulaient punir le moins que rien

Le gueux, le sot que la bricole
Ramènerait dans le bon chemin,
Oublierait sa langue bretonne
Au baragouin d'un jobelin.

Mais tu sais que Bretagne est belle
Et que sa langue doit perdurer.
Morceaux épars, tels javelles,
Renaitront bien comme Merlin

Que ce sabot devienne symbole
Du refus d'une vie imposée.
Que cet usage de la bricole
A tout jamais soit oublié.

dimanche 22 janvier 2017

Le lac du Haut Blavet

Là-bas dans les montagnes noires,
Au fond du lac du Haut Blavet,
Les gueules bleues et gueules noires
Croisaient souvent les mariniers.
Lors un barrage, d'un coup de houssoir,
Toutes ces vies d'ores a balayé.
Aussi vous conterai l'histoire
De cette vallée du Haut Blavet.

Toutes ces écluses montant la garde,
De bief en bief sur le Blavet,
Un marinier tourne les amarres,
Dans les jardins poussent les pommiers.
Un éclusier tourne crémaillère,
Actionnant les portes busquées.
Dessus les quais de l'estacade,
Des journaliers à embaucher.

La fonte au bois des forges des Salles
Brûle alors le charbon des fouées(1).
Autour, avec les trinqueballes,
Trimaient des clans de charbonniers.
On dit ici des gueules noires
Que "charbonnier n'a jamais le sou"
Et dans ce pays de montagnes
On dit aussi qu'il mène les loups.

Et dans le bois de Keriven
Se multiplient les puits ardoisiers.
Les gueules bleues des rives de Caurel
Des puits béants partout ont creusé.
Si les mineurs remontent aux échelles
De lourdes dalles à même le dos,
Dans les tue-vents(2) on baigne celles
Que les fendeurs retravailleront.

Et tous les soirs  des gueules bleues
Se retrouvaient au café Thomas
Et tous les soirs des chants joyeux
Saluaient aussi les gueules noires.
Quand besogneux et miséreux
Ensembles unissent leurs désespoirs,
Alors parfois au coin du feu
Coule à flot la bière de blé noir.

 

(1) Meules charbonnières
(2) Abris, souvent en déchets d'ardoises,  protégeant à la fois les fendeurs du vent et les ardoises d'un séchage trop rapide, ce qui rendrait difficile le fendage

samedi 21 janvier 2017

Une vieille écluse, au fond du lac de Guerlédan

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jeudi 19 janvier 2017

Les demoiselles Amadou

[Mazurka]

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dimanche 18 décembre 2016

Bordée nantaise, ou l'hotel du cul tourné

 
Ben mon canard, t'es pas rendu,
Toujours beurré comme un p'tit LU.
Qui a voulu trop bernauder
Dors à l’hôtel du cul tourné


T'es passé voir la petite Henriette,
Celle dont l'haleine sent la chevrette.
Une née native de Carantec
Dont les dents courent après l'beefteck


Un coup d’œil à la belle Victoire
Celle qu'on nomme la sardine du soir,
Une de la côte, toute fraiche venue
Qu'on trouve le soir au coin des rues


Et t'as voulu biser gouline
Avec la belle, la grande Micheline
Pas d'pot mon pote il va mouiller
Tu vas finir trempé guené


Restait encore la grande sauterelle
Qu'on nomme aussi Marie-crécelle
Qui, quand elle rit, nous fait penser
Qu'un sac de noix prend l'escalier.


Plus de péch'resse, plus de bougresse
Dans les racoins du quai d'la fesse
Toutes les taules sont bien fermées
Les filles parties crébillonner

samedi 17 décembre 2016

Essex

Je porte ici mémoire d'un beau trois mats carré
En vous contant l'histoire d'un navire oublié.
Des rivages des Acores aux îles Société
Je fus le mousse du bord, oyez mon odyssée!,


Il avait nom l'Essex, faisait près de cent pieds,
Une ossature de chêne, un pavois, des bordés
Et au fond de ses cales, de longs harpons d'acier.
Traquant le cachalot, c'était un baleinier.


En 1819, à la fin de l'été
Partîmes de Nantucket pour au moins 2 années.
Année 1820, le 19 de novembre
Au cœur de l'offshore-ground, croisâmes la destinée.


Un énorme cachalot par deux fois a frappé,
Curieux retour du sort, le chasseur est chassé.
Abordé par la proue et puis sur bordé,
Sa coque disloquée, le navire va sombrer.


Nous étions dix-neuf hommes, harponneurs et gabiers
Et dans trois baleinières avons pu embarquer.
Sans eau ni nourriture, épuisés, ballotés
Durant plus de cent jours nous avons espéré.


Comme un petit navire vous l'a déjà conté
Il faut parfois pour vivre franchir quelques fossés.
Ce fut ici le cas, simplement pour durer.
Au jeu de courte paille il nous fallu jouer.


Nickerson est mon nom, Thomas suis prénommé.
Un des rares survivants d'une triste équipée.
Bien des années plus tard j'ai souhaité la conter.
J'étais le mousse du bord, j'en fus l'épistolier.

 

L'Essex est un trois-mats baleinier américain qui fut attaqué et coulé par un grand cachalot.Hermann Melville s'en inspira pour son roman Moby Dick

mardi 17 novembre 2015

Les chiens du guet

J'ai vu tant et tant de mer
J'ai croisé tant et tant de gens
J'ai cru à tant de chimères
Je reviens mouillé à Dinan

Par tous les chemins de mer j'ai pu voir tant de contrées
Mais par les chemins de terre j'ai aussi vu les chiens du guet

Je reviens pour revoir celle
Qui attend depuis si longtemps
Celle qui m'avait dit "je t'aime",
Que j'avais quitté voile au vent.

Par tous les chemins de mer j'ai pu voir tant de contrées
Mais par les chemins de terre jJ'ai aussi vu les chiens du guet

Je sais qu'elle sera peut-être
Ce soir à la cité d'Aleth
Je longerai à pied la grève
J'apporterai le guinguet

Par tous les chemins de mer j'ai pu voir tant de contrées
Mais par les chemins de terre j'ai aussi vu les chiens du guet

Dès que les berges furent désertent
Après le son du clocher
J'ai franchi le bastingage
et couru vers les rochers

Par tous les chemins de mer j'ai pu voir tant de contrées
Mais par les chemins de terre j'ai aussi vu les chiens du guet

Un grondement soudain résonne
Je suis pris dans un traquet
Ce n'est pas une légende,
Ils ont lâché les chiens du guet

Par tous les chemins du cœur j'ai voulu voir ma bien-aimée
Mais par les chemins de grève j'ai croisé les chiens du guet

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Les chiens du guet étaient une meute de 24 dogues qui étaient lachés à la nuit tombée sur la grêve entourant les remparts de Saint-Malo. En mars 1770 ces chiens tuèrent un jeune officier de marine, Ansquer de Kerouatz, qui tentait de rentrer dans la ville en traversant le port à marée basse après avoir rendu visite à sa fiancée de la ville voisine de Saint-Servan

mercredi 4 novembre 2015

Le pirate de Kerogan

Un pirate et sa frégate,
Fricotait à Kerogan.
Il venait avec le flot
Mais repartait au jusant

Il serrait de belles goélettes
À l'aide de son bâtiment
En les pressant vers les berges
Pour les amener léans

Effeuillant la marguerite
Il jouait le joli cœur
Et ayant carguer les voiles
Se retirait à contrecœur

Tarentelle et saltarelle
Animent les rondes d'enfants
Et des paroles un peu folles
Content les frasques du brigand.

Il voulait que sur ses berges
Soit célèbre son catogan,
Ses exploits et sa légende
Inscrits haut au firmament

Que l'Odet, les montagnes noires
Se souviennent du boucanier
Et portent les traces du passage
D'une graine d'aventurier

Mais au chemin de halage
Bien connu fut son accon
Et ce grand coureur des mers
A surtout couru le jupon

De l'Odet et de ses rives
A disparu le courtisan,
Et s'achèvent les prospectives
Du pirate de Kerogan

mercredi 2 septembre 2015

Les glénan

Nous avons quitté Préfailles,
Et mis le cap sur Fouesnant.
Nous naviguions par temps clair,
Avec belle mer et bon vent

Mais au large de Goulphar(*)
Noirs nuages au firmament.
La pluie sans cesse nous mitraille
Et le vent siffle dans les haubans.

L'océan lève des murailles
Nous faisons route vers les Glénan.
Après des heures de bataille
Les moutons sont travers-avant.

On a passé Castel Braz(**),
à babord Castel Bihan(**)
La tête de mort(**) défend la passe,
Cap sur Penfret(**), gare au jusant

Nous avons franchi la passe,
Vu l'île du Loch(**) et vieux-Glénan(**)
Les bluiniers(**) sur notre arrière
Virons au septentrion.

Nous avons mouillé nos ancres
Sur des fonds de sable blanc
Bien au chaud près de Drenek(**)
Gardons la chambre(***) pour quelques temps.

 

(*)    L'un des phares de l'île de Groix
(**)   îles et îlots rocheux de l'archipel des Glénan
(***) Mouillage abrité entre Drenek et Fort cigogne

mardi 28 avril 2015

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vendredi 2 août 2013

Per krajono kaj fosilo

en honoro de René-Guy CADOU
en tiu nebula lando li naskiĝis. ĉielo kaj pluvo eterne miksiĝis. en la kameno brulas la sektorfo, eksurteriĝas en la mateno sunon . li volupte flaras odorajn matenojn, odorojn de blatojn, de freŝan gudron, li admiras barĝoj sur la pajlo, aŭskultante maleojn de la ŝip ĉarpentisto. Li forkuris la urbon, pro ĝiaj simboloj elektis la marĉoj, maro de brierejuloj [1]. Ĉi artefarita vivo ne fariĝos sian, li nune ekvivos per lia pasio. Li havis en sia koro natura aspiron, en siaj fingroj skrivantan deziron, premante kontraux la koro siajn kajero kaj krajonon tenante inter la manoj sia spato. Li kredis en sia destino, semantis paŝtejon kaj elektis sian vojon per la forto de skribo. kombinante tra la verbo kulturecon kaj kultivadon li manipulantis per pasio la spaton kaj la plumon.
  Notes
 [1] La Briero (aŭ granda briero) estas grandega marĉo en la okcidenta de la Francio

mardi 25 juin 2013

La ballade d'Anjela

En cette terre ou je suis née,
forêts et landes y croissent en nombre.
Aux creux des mares et des fourrés
la terre enseigne à ceux de l'ombre,
à ceux qui l'aiment et la fécondent,
le temps donné le temps repris.
Ne laisserais pour rien au monde
va Bro, va Yezh ha va Frankiz. (1)

 

De cette langue qui m'a bercée,
j'ai fait mon combat et ma fronde.
Que par cette richesse délaissée
ma culture enfin sorte de l'ombre .
Je parlerai jusqu'à ma tombe
ma langue bretonne et c'est ainsi.
Ne changerais pour rien au monde
Va Bro, va Yezh ha va Frankiz.


et pour toujours ma liberté
sera mon bien le plus profond.
A ma bretagne suis attachée
et d'y toucher attise ma fronde
à Traon an dour, mon bout du monde.
Moi humble cultivatrice,
ne renierais pour rien au monde
Va Bro, va Yezh ha va Frankiz.

 

Bretons, une certitude en moi profonde
guide mes jours, éclaire mes nuits:
il n'est rien qui n'égale au monde
Va Bro, va Yezh ha va Frankiz.

Anjela Duval (à l'état-civil Marie-Angèle Duval ; 1905-1981 ), est une poétesse bretonne. le vers "Va Bro, va Yezh ha va Frankiz." est extrait de son poème "Karantez vro".

vendredi 17 mai 2013

Le corsaire de Bien-Assis

Allez garcons, chargez mitraille.
Tous sur le pont pour la bataille,

Et par la poudre et le canon
Nous montrerons à l'ennemi
Que toujours est debout
Le corsaire de Bien-Assis1

 

Sous les remparts d'un chemin d'veille
Captaine Francois appareille.
Le cap à l'ouest ou au levant
Il croise en Manche par tous les temps.

Il fut un homme de Biens-Assis,
Avait château et terres aussi.
Il préféra laisser les terres
Et choisit d'écumer les mers.

 

Un peu brigand , un peu pirate
Pour la Bretagne corsaire aussi
Face à l'anglais gagna sa gloire
Au nom de captaine Francois


Nous sommes corsaires de la Bretagne,
Parfois pirates et c'est ainsi.
Nous sommes des gueux,
Nous sommes des rois,
Aux ordres du capitaine François.

 

Larguons les ris dans la misaine
Et qu'aucune voile ne faseye.
Tirons nos bords dans la bouscaille,
Tendons nos rets pour la bataille.

 

Et par nos haches d'abordage
Et par mousquets et par courage
Nous gagnerons , par la grand hune ,
Par pilleries belle fortune.

 

(1) François du Quélenec de Bien-Assis, corsaire breton. Source: Bibliothèque numérique de Rennes - Revue de Bretagne et de Vendée - tome 5 - Le commerce et la féodalité en Bretagne, page 444

jeudi 25 avril 2013

On l'appelait la Jeanne

On l’appelait la Jeanne, un peu affectueusement.
Celle qui, pour un profane, n'était qu'un bâtiment,
Un croiseur de bataille comme il y en eu tant d'autres,

Une longue coque acier, une couleur gris argent ...

Mais pour tous les matafs, le rêve était tout autre.
La jeanne entrant en rade evoquait l'Orient,

La mer des sargasses, les atolls et les côtes,
Les rivages lointains, les pays du levant.

Elle fit tant de campagnes et tant de tours du monde,
Portant notre présence au coeur des évènements,
Et sur les mers du monde forma nos aspirants.

On l’appelait la Jeanne, ce bon vieux bâtiment
Qui quitta l’arsenal il y a cinquante ans,
Et porta l’oriflamme sur tous les océans.

N.B. Le porte-hélicoptère "Jeanne d'Arc" a été lancé en 1960 et retiré du service en 2010. Bâtiment-école, il emportait pour un tour du monde les élèves officiers de marine. Il a effectué au cours de sa carrière plus de 3 millions de kilomètres, soit 9 fois la distance de la terre à la lune.

mercredi 22 août 2012

Sacré Tonnerre

Début juillet 2012 est décédé Michel TONNERRE.
 Enfant de Groix, auteur talentueux, il est à l’origine de nombreux chants de marins.
 Ces quelques mots lui sont dédiés.

Groix peut pleurer, sacré Tonnerre.
son vieux pirate un peu bourru,
frère de la côte, marin poète,
le grand Michel, a disparu.

De Macao à La Barbade,
Iles lointaines et caboulots,
Par ses refrains et ses audaces
Chantait la vie des matelots.

Le vent est bon, sacré Tonnerre.
Comme tu savais saisir l’instant,
Et par l’esprit de la bourlingue,
Tu écumais tes océans.

Tu es parti, sacré Tonnerre.
En nous laissant un beau sillage,
T’es parti pour le grand voyage,
Celui dont on ne r’vient jamais.

Mais t’as laissé, sacré Tonnerre,
Une bordée d’rimes au fond des coeurs.
Le p’tit garcon ou bien Talberg,
Le gabier noir ont nos faveurs.

Nous n’t’oublierons, sacré Tonnerre,
Et nous boirons à l’amitié.
Nous viderons, face à la mer
Un quart de rhum à ta santé.

samedi 10 décembre 2011

Jean de Crabosse

Jean de Crabosse n'a pas d'bateau,
Ne peut voguer au gré des flots.
Il fait voguer dedans une mare
Des vaisseaux de papier buvard

Il est breton et ligérien.
Jean de Crabosse n'a peur de rien

Jean de Crabosse, par monts par vaux
Bat la campagne et les hameaux.
Demande dans des endroits bizarre
"Qui voudrait larguer les amarres ?"

Il est breton et ligérien.
Jean de Crabosse n'a peur de rien

Jean de Crabosse a trois mat'lots
Qui n'ont jamais vu un bateau.
Les deux premiers sont cabochards,
Le troisième nage comme un canard.

Il est breton et ligérien.
Jean de Crabosse n'a peur de rien

Jean de Crabosse arm' un canot
Pour faire la chasse aux nobliots
Qui, se croyant de vieux briscards ,
Arpentent le pont de leurs flambarts.

Il est breton et ligérien.
Jean de Crabosse n'a peur de rien

Jean de Crabosse a pris vaisseaux
Au large des grands cardinaux
Et c'est sous les feux de Goulphar
Qu'il a pris d'assaut les fuyards.

Il est breton et ligérien.
Jean de Crabosse n'a peur de rien

Jean de Crabosse, les amiraux
T'honorent de gestes amicaux,
Te disent qu'ils marchent sur tes traces,
Et comme toi mènent la chasse.

Il est breton et ligérien.
Jean de Crabosse n'a peur de rien

Jean de Crabosse, tu ne crois guère
Que tous ces forbans soient sincères.
Tu es breton et ligérien.
Un "de Crabosse" n'a peur de rien

dimanche 6 novembre 2011

Les goualants

Nous sommes chanteurs de sornettes.
De tant de vies sommes les goualants,
Bardes d’Armorique louant la terre
Qui a portée tant de printemps.

Au chant classique n'empruntons guère
Que ritournelles et contre-chants
Et si tuilons parfois nos vers,
C'est au nom du kan ha diskan.

Disons vos craintes par mots couverts,
Aussi vos joies ou vos serments.
Travaux des champs, murets de pierres,
Vie des villages sont nos diamants.

Chantons aussi les gens de mer:
Rimes à virer au cabestan,
Chansons des ports, chants de la mer,
Complaintes du gaillard d'avant.

Pour vos plaisirs chantent les trouvères,
Pour leur plaisir également,
Aux traces d'un dénommé Tonnerre
Qu'ils saluent ici humblement.

lundi 30 mai 2011

Bonnets rouges, bonnets bleus

Craignez bien le poher en feu,
Et la révolte des bonnets rouges.
Tout le pays bigouden bouge,
C'est la révolte des bonnets bleus.

Messire le roi veut du papier,
Et que celui-ci soit timbré.
Il faut là-bas pour la Hollande
Toujours tant et plus de deniers.

Nous étions cent, nés de Spezet,
Marchant au cri de "torr e ben".
Tombe la quévaise des monts d'Arrée,
Les droits de champart et corvée.

Avons marché vers la grand place,
Vers l'étude du notaire Porcher.
Avons mis la maison à sac,
Avons brulé de beaux papiers.

Dites bien au Duc de Chaulnes
Que ses canons sont enlevés.
Dites aussi à Montgaillard
Que son château a bien brûlé.

Sachez qu'ici, en basse Bretagne,
Les paysans sont révoltés,
Et que la révolte a grondé
Du Poher à Pont l'Abbé.

mercredi 9 mars 2011

Ecoute bien petite

Écoute bien petite
Le clapotis des vagues
Le bruissement du vent,
Soufflant sur ce pays.

Si tu sais l'écouter
Si tu veux bien l'entendre
Tu sauras des histoires
Venant du fond des temps.

Il te dira comment
Soufflant sur les campagnes
Il caresse les landes
Agitant les ajoncs.

Et balayant la mer
Il gonfle quelques voiles
Poussant de frêles esquifs
Plus loin que l'horizon.

Il te dira aussi
Qu'en ses grandes colères,
Il peut sous ses assauts
Déchaîner l'océan.

Mais le vent aujourd'hui
N'est pas d'humeur guerrière
Et n'a pour ambition
Qu'embaumer le printemps

dimanche 27 février 2011

Kornog

Kornog, vent d'ouest,
Souffle de la mer
Qui balaie le pays
Apporte-nous par tes tempêtes
Cet air salé qui vivifie.

Par les chemins de ma Bretagne
Je ne vois que campagne pelée .
Ou sont les champs de nos campagnes ?
Partout se dressent maisons d'été.

Tu survolais tous les labours
Et tu suivais au fil des champs,
Les clotures et les bordures.
Ou sont les haies, les mares d'antan.

Dans les ports aux bassins vides
La flotte de pêche est mal en point .
Et pour sauver tous nos navires
Il ne nous reste que les ronds-points ?

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